Danse orientale: Histoire

8/11/2010

Danse orientale: Histoire

La danse orientale, qui comprend de nombreuses danses folkloriques fort différentes est plus souvent connue par le style très savant et noble dit sharqi et d'un autre plus populaire appelé baladi ou encore le saïdi, danse guerrière masculine à l'origine et reprise par les femmes, se caractérisant par l'usage de cannes et de nombreux sauts de jambes ! Mais ces styles sont loin de représenter comme on le croit souvent toute la danse dite orientale et qui englobe de nombreuses danses plus ou moins locales comme les danses berbères du Maroc ou encore les fabuleuses danses tsiganes des Balkans etc.. Bref cette danse ancestrale semble être commune à quelques différences près à tous les peuples de l'Asie, d'Afrique du Nord et aussi traditionnellement à tous le bassin méditerranéen. « La vie est comme une Ghaziya, elle ne danse qu'un instant pour chacun » (proverbe égyptien).

 

    

 

Histoire 

La danse du ventre, Jean-Léon Gérôme, xixe siècle

La danse orientale (le terme danse du ventre est réducteur car en réalité tout le corps travaille) ou baladi (terme utilisé chez les canadiens-français) est une danse originaire du Moyen-Orient et despays arabes, dansée essentiellement par des femmes, mais aussi, de plus en plus dansée par des hommes à travers le monde.

En arabe, elle est appelée Raqs al sharqi (littéralement : danse orientale) et en turc Oryantal dansı, qui a donné le terme de danse orientale. Elle est reconnue comme l'une des plus anciennes danses du monde surtout dans les pays du Moyen-Orient (Liban, Égypte, Turquie, Syrie,Irak) et du Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie…).

On pense que l'origine de cette danse remonte aux anciens rites de fertilité, associés à la fois à la religion et à l'ésotérisme. Très peu de sources valables d'informations sont accessibles sur le sujet, voilà pourquoi il existe autant de mythes autour de l'origine et de l'évolution de cette danse.

Au sens large, le terme désigne la danse orientale sous toutes les formes qu'elle connaît aujourd'hui.

Les Français ont découvert la danse orientale lorsque les soldats de Bonaparte débarquèrent pendant la campagne d'Égypte. Venant d'une société relativement puritaine, la moindre nudité leur était alors perçue comme un puissant aphrodisiaque. En voyant ces bassins de femmes se déhancher langoureusement, et ces sortes de tremblements généralisés - alors que l'Église de l'époque considérait la danse comme une marque du démon - ils firent une erreur d'appréciation et assimilèrent naturellement la danse orientale à une invitation à la prostitution, même si en aucun cas, elle ne fait partie de ce milieu.

  

Danse orientale

La danse orientale est traditionnellement dansée par les femmes, qui expriment par cet art leur féminité, leur vitalité, mais aussi leurs sentiments, joies et peines. Il en existe plusieurs styles, dépendant du pays d'origine, et aussi de multiples fusions émergentes notamment le style tribal. De façon générale, cette danse se caractérise par la dissociation des parties du corps (isolations) qui peuvent bouger indépendamment l'une de l'autre. Cet art compose aussi bien avec les rythmes saccadés que lents et fluides.

La pratique de la danse orientale, qui nous vient du Moyen-Orient, a fait son entrée en Europe et en Amérique dans les cabarets au milieu des années 1930 et années 1940, d'où est issu l'étincelant costume deux pièces brodé de pierres et de paillettes. Depuis ce temps, mais surtout depuis les années 1990, cette danse connait un essor fulgurant partout dans le monde.Sandra professeur chorégraphe à Nice est la première en France qui a codifié la danse orientale en 5 répertoires.

Contrairement à ce que l'on peut penser, la danse orientale ne se limite pas à des mouvements du bassin. En effet, elle sollicite souplesse et tonicité du buste, des épaules, des bras, des mains, du bassin et du ventre. Elle permet de tonifier les cuisses, d'assouplir les articulations, de bien développer les abdominaux et d'entretenir le dos. Certains mouvements amples demandent une souplesse extrême du dos mais l'essentiel réside dans la contraction musculaire, si bien qu'on peut pratiquer cette danse à tout âge en fonction des limites de chaque danseuse ou danseur.

Sur la trace des Tziganes

Dans les villages égyptiens, on appelle une danseuse professionnelle une ghaziya (au pluriel, ghawazi). À l'origine, les ghawazi étaient des Tziganes. C'est maintenant un terme générique qui désigne les danseuses en général, et non plus une tribu particulière ou des tribus comme autrefois. Le rôle important qu'ont joué les tziganes dans l'évolution des danses profanes se retrouve dans la langue turque où le vieux terme de danseuse (cengi) vient de cingene (tzigane).

En égyptien, ghawazi signifie envahisseur ou étranger, et il est vrai que les Tziganes ont toujours vécu à la périphérie des villes et en marge de la société.

Les danses du Moyen-Orient

Danse orientale égyptienne

En Égypte, trois formes principales de la danse traditionnelle sont associées à la danse orientale : la danse populaire, la danse classique et la danse de cabaret. Les termes souvent utilisés sont, respectivement, Sha'abiBaladi (ou Beledi) et Sharqi.

Le baladi est un style populaire des tribus arabes qui s'installèrent dans le nord de l'Égypte. Cependant, ce terme s'est vu attribuer une utilisation distincte pour la danse populaire qui continue à être exercée par les classes travailleuses de l'Égypte urbaine. Le style de danse qui tente plus rigoureusement de retenir les traditions populaires de la campagne ou des tribus est souvent appeléeGhawahzee. Les danseurs Ghawahzee ont aussi été connus pour être au cœur du conflit en Égypte sur la bienséance des danses performées en public. Les sœurs Mazin sont généralement réputées pour être les dernières pratiquantes authentiques de la danse Ghawahzee. Khayreyya Mazin est en 2009 la dernière de ces danseuses à continuer l'enseignement et la pratique du Ghawahzee.

Le sharqi est basé sur le style baladi mais fut développé par Samia Gamal, Tahia Carioca, Neima Akef et d'autres danseurs dont la célébrité s'établit pendant l'âge d'or de l'industrie du film égyptienne. Ce style vint à être considéré comme le style classique de la danse égyptienne. Ces danseurs furent célèbres non seulement pour leurs rôles dans les films égyptiens, mais aussi pour leurs performances à l'« Opera Casino » ouvert en 1925 par Badia Masabni. Il s'agissait d'un endroit apprécié par les musiciens et choréographes d'influence d'Europe et des États-Unis qui s'engagèrent dans les performances et carrières des danseurs ; beaucoup des développements de l'âge d'or qui y furent conçus peuvent être considérés comme de nouveaux développements de la danse. Les danseurs suivants qui basèrent leurs styles en partie sur la danse de ces artistes sont Sohair Zaki, Fifi Abdou et Nagwa Fouad. Ils devinrent célèbres entre 1980 et 1960 et sont toujours populaires aujourd'hui. Quelques uns de ces danseurs furent les premiers à choréographier et pratiquer des danses avec un « orchestre » complet et une mise en scène, ce qui a eu une grande influence sur ce qui est considéré comme le style « classique ».

Bien que les mouvements à la base du Raqs Sharqi n'aient pas changé, la forme de la danse continue à évoluer. Nelly Mazloum et Mahmoud Reda ont incorporé des éléments du ballet dans leurs danses et leur influence s'est fait sentir chez les danseurs égyptiens modernes.

Malgré le fait que les danseurs occidentaux voient l'Égypte comme le berceau de la danse orientale, les danseurs en Égypte ne sont pas bien vus par la société. Les égyptiens ne considèrent pas la danse orientale comme une profession respectable et la plupart des danseurs donnant des performances pour les touriste en Égypte aujourd'hui sont des étrangers. Les danseurs n'ont pas le droit de pratiquer certains mouvements ou de travailler au sol. La télévision d'état en Égypte ne transmet plus de danse orientale. Un projet pour établir un institut d'état afin d'entraîner les danseurs en Égypte fut lourdement attaqué car, d'après le membre du parlement Farid Esmail, il « compromet sérieusement les traditions de la société égyptienne et viole clairement la constitution ».

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